BORDER DANCE
SPECTACLE À VIADANSE
Stages amateurs
> Samedi 26 & dimanche 27 septembre de 10h à 18h, «Stage-audition», à l’issue duquel le groupe amateur sera défini.
Répétitions
> Samedi 17 au vendredi 23 octobre le week end de 10h à 18h, en semaine entre 13h & 21h.
Prérequis pour postuler
Participer à Border Dance c’est la possibilité de vivre l’aventure d’une création de l’intérieur, chaque étape de l’aventure est une belle expérience en soi. N’hésitez pas à venir rencontrer le chorégraphe et son projet au cours des deux stages initiaux.
TAOUFIQ IZEDDIOU, Compagnie Anania Danses
Le projet de création Border Dance mené par Taoufiq Izeddiou en 2025 et 2026 a pour but d’interroger par l’altérité ce qui fait danse, au croisement entre la danse contemporaine, les rituels gnawoua, la culture flamenca, etc…
Border Dance sera créée au festival de Marseille les 26 & 27 juin 2026, au Théâtre de la Joliette
Sur le plateau : 5 danseuses et danseurs professionnels et une équipe de 6 à 12 danseuses et danseurs amateurs.
Le chorégraphe souhaite mettre sur scène et en scène toute une société dans sa diversité d’âges, de corps et d’énergies.
INTENTIONS ARTISTIQUES
Border Dance ou les bords de la danse, chercher ce qui fait danse.
Les choses se définissent par ce qu’elles ne sont pas. C’est en se situant au bord, à la lisière qu’on peut dire ce qu’est un territoire.
Border Dance c’est cela, j’aimerais montrer, montrer à voir, ce qu’est le geste dansé, à partir de quel moment on quitte un mouvement ordinaire pour entrer dans la magie de la danse.
La transe pour danser vrai. Je souhaite poursuivre ma recherche sur une certaine idée de la danse qui passe par une interprétation de chacun avec tout son être, dans sa vérité. Pour ce faire je travaille de longue date avec et autour de la transe. La transe non pas comme tradition à reconduire, mais comme pratique au service de la création contemporaine. J’aimerais poursuivre ce travail et l’enrichir de la culture et des gestes du flamenco. Le flamenco est une transe. Qu’est ce qui fait la transe si ce n’est la répétition, le rythme, l’insistance, le jusqu’au bout d’un geste dans la durée, jusqu’à rejoindre une pulsation plus large, trouver l’épuisement physique et mental, l’oubli, la fin du contrôle, l’abandon, et, enfin, une forme de vérité, celle d’un être sans fard dans le moment présent.
Le flamenco est une transe par son rythme, sa posture, sa culture, sa rage. Je vois de nombreux axes communs entre le flamenco et la transe d’origine gnawoua dans la pulsation, la répétition, l’obsession, et aussi
dans l’alternance entre les mouvements (ou chant, rythme, musique) de groupe et de l’interprète seul. L’individu émerge du groupe, toujours soutenu par le groupe (claps, rythmes) et lance son cri, son geste, sa
prise de parole. Je me retrouve dans la vérité de son cri.
Traversées, hybridation, enrichissement
Les territoires géographiques se traversent, leurs cultures, leurs populations aussi. Certaines traditions se définissent par ce mouvement voyage-évolution-hybridation et revendiquent ces influences et cette ouverture toujours à l’oeuvre : c’est l’histoire du flamenco venu d’Inde, Afrique, Maghreb, Espagne, enrichi, métissé de toutes les cultures traversées. Le geste dansé évolue et témoigne de ces pérégrinations dans le temps et l’espace. A une autre échelle, chaque être, lui aussi, traverse une vie, physiquement et mentalement et se définit dans cette traversée. A l’image de l’histoire du flamenco, le vécu de chacun vient
colorer sa façon de bouger, de danser, de poser des gestes. Ce qui donne une épaisseur à la danse c’est tout ce qui se tient derrière le geste, c’est la traversée du corps et de l’esprit, c’est la culture de l’interprète.
Des interprètes issus pour partie de la société civile
Pour cette création Border Dance je souhaite mettre dans la danse des corps et des vies qui appartiennent à la vie hors des plateaux, pour enrichir la matière chorégraphique et faire société sur scène. Voilà pourquoi je m’oriente sur une pièce de groupe dont le coeur sera constitué de cinq danseurs et danseuses professionnelles avec lesquels je travaille de longue date, auxquels viendront s’ajouter dix à douze danseurs et danseuses amateurs issus du territoire sur lequel la pièce sera créée. Chaque territoire nouveau verra donc une recréation avec une nouvelle équipe amateure. Ces gens viendront avec leurs bagages, leurs corps, leurs danses et traverseront une dizaine de jours de répétition avec l’équipe professionnelle « permanente » pour que se retisse Border Dance dans une nouvelle version, comme une variation autour d’un même thème.
Une société en mouvement
Je souhaite reconstituer sur scène une société faite d’une grande diversité de corps et de présences, à l’image de notre société dans la vie. Je souhaite mettre cette société en mouvement, la transformer, faire apparaître la vérité de chacun de ses membres, leurs histoires, leur beauté. Voir ce qui émerge. Trouver où se situe la frontière entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Trouver ce qui fait la danse. Ce qui m’intéresse c’est la diversité des corps, des histoires, des vécus, diversité qui nous parle de notre société, qui fait société. Ce qui est beau c’est quand la vérité de chacun apparaît dans l’épuisement de la transe. C’est donc avec ces corps, ces vies, ces êtres et dans un processus de transe que j’aimerais écrire cette pièce.
Taoufiq Izeddiou